Châteauvert
“ Une exposition personnelle de l’artiste italien Hilario Isola, qui vit et travaille entre Turin et Bagnolo. ”
LIEU
Centre d'art contemporain
TARIF
Plein tarif : 3 €, Tarif réduit : 1,50 € (> 6-18 ans / Personnes en situation de handicap / Tribu (+10 pers)).
> Gratuit : 0-5 ans / Demandeurs d'emploi et bénéficiaires du RSA.
DATES ET HORAIRES
Du 14/02 au 14/06/2026 le mercredi et les week-ends.
> Aux heures d'ouverture du centre d'art.
CATEGORIE
Exposition
PROGRAMME
Intitulée Ce qui nous regarde, cette exposition réunit pour la première fois un ensemble d'oeuvres qui, mises en regard, composent une galerie de portraits inédite au sein de sa pratique. Certaines pièces sont issues de séries existantes
I Mani, I Filosofi, Sole Spento, Aruspice, tandis que d?autres ont été spécialement conçues pour l'exposition, en résonance avec le contexte agricole, naturel et historique de la Provence Verte. Ce dialogue entre oeuvres anciennes et nouvelles révèle une ligne de force souterraine dans le travail de l'artiste : le visage comme seuil, comme interface sensible entre ce que nous voyons et ce qui nous regarde.
Ce qui nous regarde se présente à nous en clair-obscur, Hilario Isola compose ici une nouvelle galerie, non pas uniquement de portraits, mais également de figures inassignables, de visages dérobés, d'apparitions fragmentaires : les oeuvres ne se donnent pas immédiatement, elles se tiennent à la lisière du visible, dans un régime d'ombre et de veille, l'exposition est en quelque sorte construite comme un théâtre de
la réversibilité du regard : les oeuvres ici déployées ne sollicitent pas la reconnaissance, mais l'attention. Elles ne figurent pas, elles regardent.
En choisissant d'intituler l'exposition d'après le titre de l'essai de Georges Didi-Huberman (Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, 1992), Hilario Isola installe d'emblée une tension. Il ne s'agit plus simplement de voir; mais de se savoir vu. D'abandonner l'illusion d'un regard souverain, d'entrer dans une dialectique où l'image n'est plus un objet à capter, mais un sujet à rencontrer. Comme dans l?allégorie platonicienne de la caverne,
le visible est ici affaire de projection, de déplacement, de révélation partielle. Ce que nous prenons pour des formes éclairées est peut-être encore une ombre. Et ce qui semble n'être qu'une ombre est peut-être ce qui, le plus profondément, nous concerne.
À travers ce parcours, Hilario Isola ne propose pas une exposition de portraits, mais une expérience du regard déplacé. Une expérience où la forme visage devient interface ,entre mémoire et oubli, matière et esprit, geste et image. Ce que nous voyons, ici, ne se donne pas d'emblée. Ce qui nous regarde, en revanche, persiste.
Ce projet s'inscrit dans la continuité du travail amorcé avec Visages de poussière (2025), présenté au Musée des Gueules Rouges à Tourves. Là, les visages des mineurs émergeaient littéralement du mur, révélés par la poussière de bauxite et les gestes de forage. Ici, l'apparition se déplace, s'élargit, se diversifie. Le regard n'est plus seulement archéologique : il devient éthique, poétique, politique. Il enveloppe la question du paysage, du rituel, de la technique, du souvenir et de la perte.
Chez Hilario Isola, le visage est toujours ce qui nous regarde. Et ce regard ? discret, latent, persistant, nous oblige à voir autrement.